Lundi soir 16 mars 2026, des attentats suicides ont frappé trois lieux très fréquentés de la ville de Maiduguri, chef-lieu de État de Borno. Premier bilan du commandement de la police de l’État de Borno : 23 morts et 108 blessés.
Des survivants témoignent
« J’ai couru pour me mettre à l’abri dès que j’ai entendu l’explosion », déclare un jeune rescapé de 18 ans. « Je ne me suis rendu compte que j’étais blessé qu’en voyant mon sang. J’ai été grièvement blessé aux deux jambes et à la poitrine » précise Mohammed Babagana Bukar, propriétaire d’une épicerie près de la poste. Bukar a été transporté d’urgence à l’hôpital spécialisé, où il est actuellement soigné.
Son frère, Isa Mohammed, décrit la panique à la maison : « J’étais très inquiet en entendant ma mère pleurer », raconte-t-il. « Je pensais que Bukar était mort jusqu’à ce que j’arrive à l’hôpital et que je le voie réagir positivement aux soins. »
« Viens à l’hôpital… », l’appel glaçant d’un rescapé
Quand son téléphone sonne le soir, et que c’est l’époux qui appelle, Fatima Umar s’apprête toujours à aller ouvrir le portail. Ce lundi, peu après les attentats, personne à la grille. La voix enrouée de son mari la fige de stupeur: « Viens à l’hôpital spécialisé, j’ai été blessé par une explosion. C’est tout. »
Cette mère de quatre enfants laisse tout et se précipite vers l’hôpital. A son arrivée, des agents de sécurité la stoppe à la grille. Ils doivent gérer une foule agitée et apeurée. « J’ai pleuré pendant des heures quand on m’a refusé l’accès. J’ai essayé de rappeler mon époux sur son portable, il était éteint et j’ai cru qu’il était décédé », déclare-t-elle. « Après avoir reçu des assurances de ses frères qu’il était vivant, ils m’ont ramenée à la maison. »
De retour à l’hôpital mardi, Fatima est soulagée de retrouver son époux Umar vivant et sous traitement. Pourtant son inquiétude demeure : « Il est vivant pour l’instant, mais je suis toujours très inquiète vu la gravité de ses blessures à la tête et à l’estomac. »

Iftar meurtrier au dernier lundi du Ramadan.
Des fidèles musulmans se rassemblent pour rompre le jeûne. Les zones visées réunissent des centaines de personnes : le Monday Market de Maiduguri, l’entrée de l’hôpital universitaire de Maiduguri (UMTH) et le secteur du pont de la poste. Les autorités attribuent ces attaques à des kamikazes présumés. L’un des attentats les plus meurtriers qu’ait connus la ville de Maiduguri ces dernières années, selon les autorités.
Les forces de sécurité, la police et l’armée, engagées dans l’opération Hadin Kai, intervenues rapidement pour sécuriser les lieux, mener des opérations de ratissage et rétablir l’ordre. Un dispositif de sécurité renforcé a été déployé dans tout Maiduguri afin de prévenir de nouvelles attaques.
« Un acte condamnable, barbare et inhumain », déclare le gouverneur Zulum
Depuis La Mecque, en Arabie saoudite, où il accomplit le petit pèlerinage (Umra), le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Umara Zulum, condamné les attaques : « Je suis profondément attristé par les explosions qui ont eu lieu lundi soir dans certains quartiers de la métropole. Mes pensées et mes prières accompagnent les familles des victimes et les personnes blessées. Cet acte est absolument condamnable, barbare et inhumain. »
Des renforts sécuritaires d’Abuja vers Maiduguri
Le président du Nigeria a ordonné aux responsables fédéraux de la sécurité de se rendre à Maiduguri pour prendre en charge la situation. Bola Tinubu a promis d’intensifier la lutte contre les terroristes. Il qualifie ces attaques de « dernières tentatives désespérées et frénétiques de criminels et d’éléments terroristes cherchant à semer la terreur ». Le chef d’État précise que les assaillant « subissent une pression constante de la part des courageuses forces armées et des services de sécurité déployés sur différents théâtres d’opérations ».
Les attaques de ce lundi plongent davantage les habitants dans la stupeur. Elles surviennent moins de 24 heures après des offensives contre les communautés de Kofa et d’Ajalari, dans la banlieue de Maiduguri.
Les forces de défense et de sécurité poursuivent l’enquête. Les autorités appellent la population à la vigilance et à signaler toute activité suspecte.










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