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Radio : les voix humaines préférables à l’IA

13 février 2026
Temps de lecture : 5 minutes

« La radio demeure authentique quand des hommes et des femmes, journalistes et auditeurs, se parlent ». Des propos du rédacteur en chef régional de Ndarason à l’occasion de la journée mondiale de la radio. « Lorsque l’évolution technologique remplace l’humain par des voix des algorithmes, là on franchit la ligne rouge! Le son est saturé, il faut normaliser » précise Walter Mulondi, journaliste radio depuis 1994.

L’IA, à utiliser sous conditions

Mohamadou Laminou producteur réalisateur travaillant à Maroua, Extrême-Nord du Cameroun reconnaît que l’IA est « un atout indéniable pour nous faciliter la tâche, pour nous accompagner, aider et faciliter le travail du journaliste ».

Welba Yamo, photojournaliste de la même ville implante un rubicon à ne pas franchir : l’intelligence artificielle ne doit pas être au centre de tout le processus. Comment en tirer le meilleur parti? D’une voix posée et réfléchie, Welba Yamo défend sa thèse « l’utilisation de l’IA doit être en amont dans la recherche d’un sujet, dans l’approfondissement d’une pensée, la structuration d’une idée pour permettre au journaliste, au photojournaliste de mieux développer sa pensée, de mieux ressortir l’angle sur lequel il a envie de travailler, ou bien le message qu’il a envie de transmettre à son public. A ce niveau-là, oui, l’IA devient une aide, un assistant, un support ».

IA, passerelle de la paresse journalistique

« Des journalistes recourent à l’intelligence artificielle pour rédiger une brève! On parle de 6 lignes tapées à l’ordinateur, taille 12, police Times New Roman » regrette Walter Mulondi. « C’est de la paresse! L’IA te dit elle-même qu’elle peut se tromper! Les algorithmes créés par des humains te préviennent qu’ils peuvent se tromper » ajoute-il un sourire amer au coin des lèvres. Mohamadou Laminou journaliste de Maroua au Cameroun abonde dans le même sens; il estime que « pour peu, quelqu’un peut se lancer dans la facilité, se baser uniquement sur l’IA, ça peut avoir des méfaits à long terme ».

 IA et les dangers de la désinformation

Les oreilles fines reconnaissent facilement des voix générées par l’IA dans la musique, les narrations et et les conversations. Le commun des auditeurs peut s’y tromper. Les photographies et les vidéos donnent l’exemple le plus flagrant des risques et dangers : trop parfait pour être vrai. Attention : d’autre contenus audiovisuels nuisent aux consommateurs de l’information. Le photojournaliste Welba Yamo tire la sonnette d’alarme : « les images générées par l’IA, prennent de plus de l’ampleur, malheureusement. Et souvent nous sommes confrontés à ce problème à démêler le vrai du faux. On ne sait plus si cet évènement a vraiment eu lieu dans tel endroit ou tel autre évènement s’est vraiment produit. Souvent nous avons souvent de ses images improbables ou on nous montre un monument qui a pris feu alors que sur le terrain la réalité n’est pas du tout cela ».

Journalisme rigoureux, factuel, authentique, réel…

L’IA génère des images basées sur des métadonnées stockées dans des serveurs, le journaliste doit systématiquement appliquer les méthodes de vérifications de faits pour éviter de répercuter des fausses informations.

La loi définit le journaliste comme une personne dont le travail consiste à « chercher, collecter, traiter, vérifier et diffuser une information au sein d’une ou plusieurs entreprises de presse, agences de presse ou publications périodiques. Il tire l’essentiel de ses ressources de cet exercice. Il est soumis à des règles éthiques et bénéficie d’un cadre légal ».

Walter Mulondi rappelle ici « le caractère sacro-saint des faits dans le processus de production radio, et l’observation sur terrain avec tous les 5 sens humains pendant la collecte des informations ». Sur terrain, le journaliste entre en contact physique, en interactions humaines. « Il écoute des personnes qui racontent une histoire vraie, une situation vécue ou qu’ils vivent, qu’elles traversent, situation triste ou heureuse. Dans ce cas l’IA ne pourrait pas transmettre à 100 % les réalités que vivent un humain dans la vie quotidienne sur terrain » soutient Welba Yamo.

Témoin fidèle, les yeux et les oreilles des auditeurs

« Le journaliste radio donne à voir, il donne à entendre, à sentir, décrit le goût, des sensations du froid et de la chaleur. Les reportages radios donnent des images même au non-voyant. L’IA peut-elle donner tout cela aux auditeurs?  De manière authentique? », plaide Walter Mulondi.

Dans le même ordre d’idées, le photojournaliste Welba Yamo pense qu’il est « important de limiter l’utilisation de l’IA, surtout dans le domaine du journalisme, de la photo, du photojournalisme, parce que nous devons toujours rester fidèle à transmettre le réel, rester fidèle à l’a réalité. Le journaliste c’est avant tout une personne qui est là pour raconter ce qu’il a vu et entendu, rester fidèle à transmettre du concret ».

L’IA, un outil, pas une voix 

Le slogan de la journée mondiale remet l’homme au cœur de la radio : « l’IA est un outil, pas une voix » souligne l’UNESCO qui a choisi le thème : « La radio et l’intelligence artificielle ». L’organisation onusienne exhorte les professionnels de la radio en ces termes «si elle est utilisée de façon éthique, pour soutenir la réflexion, la créativité et les valeurs de service public des professionnels de la radio, l’IA peut devenir une alliée qui contribuera à renforcer la confiance du public ».

Pour aller en profondeur: https://www.unesco.org/fr/days/world-radio

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