Cinq pays du bassin du lac Tchad en voie de renforcer le système d’alerte précoce aux inondations et à la sècheresse. Un projet régional de 11,7 millions de dollars américains sur 5 ans, tirés du Fonds d’adaptation. Au cœur du dispositif : l’organisation météorologique mondiale, OMM, le Partenariat mondial de l’eau en Afrique centrale (GWP-CAf), la commission du bassin du lac Tchad, CBLT, et les pays concernés.
Pour lire les documents du projet tel que approuvé https://www.adaptation-fund.org/project/integrated-water-resources-management-and-early-warning-system-for-climate-change-resilience-in-the-lake-chad-basin/
48 catastrophes en 50 ans et 31 millions de personnes affectées
Le bassin du lac Tchad fait partie des régions les plus exposées aux effets du changement climatique en Afrique. En 50 ans, les catastrophes ont affecté plus de 31 millions de personnes. Rappelant les catastrophes récentes, le président régional du Partenariat mondial de l’eau en Afrique centrale (GWP-Caf) souligne l’importance de l’alerte précoce.
En 2024, les inondations ont touché 23 provinces du Tchad, affecté près de 2 millions de personnes, causé plus de 500 morts, et submergé près de 2 millions d’hectare de cultures. Elles ont aussi frappé le Nord du Cameroun, le Niger et le Nigéria où la ville de Maiduguri a vu des centaines de milliers de personnes déplacées. Sur le long terme, le bassin a connu 48 catastrophes entre 1970 et 2020. Notre projet répond à ces défis : renforcer la gestion intégrée des ressources en eau et les systèmes d’alerte précoce pourque l’information utile arrive à temps dans une langue comprise jusqu’aux communautés qui en ont le plus besoin.
22,5 millions de bénéficiaires directs dans 5 pays
Les experts prévoient que 22,5 millions de personnes ayant accès à la radio ou au téléphone mobile devraient bénéficier directement d’alertes précoces. Le projet vise les personnes dont les moyens de subsistance dépendent principalement de l’eau du bassin. Il s’agit des femmes, jeunes, des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs. Les interventions vont se dérouler au Cameroun, au Niger, au Nigéria, au Tchad et en République centrafricaine.

Six objectifs stratégiques
Au lancement officiel du projet, le directeur technique de la Commission du Bassin du lac Tchad, CBLT, souligne les objectifs de cette initiative. Hycinth Banseka précise six objectifs:
(i) établir un système d’information efficace sur l’eau, (ii) améliorer l’offre et a qualité des données et produits des services national hydrométéorologiques, (iii) former et informer les communautés vulnérables, (iv) renforcer les capacités techniques et institutionnelles des acteurs impliqués dans les activités du projet (v) faciliter l’accès aux produits, services, et outils pertinents (vi) promouvoir la coopération régionale autour des services climatiques et hydrométéorologiques.
Au-délà des frontières nationales, collaboration et coopération obligatoires
« Les défis liés à l’eau ne s’arrêtent pas aux frontières nationales », rappelle l’experte scientifique de l’Organisation mondiale météorologique, OMM. Johanne Korhonen souligne que « la réussite du projet dépendra non seulement des infrastructures et de la technologie, mais aussi d’une coopération institutionnelle durable, de l’appropriation nationale, des capacités techniques et d’une participation véritable des populations les plus exposées aux risques ».
Les pays participants, acteurs principaux
L’OMM insiste sur le fait que « les pays participants et leurs institutions demeurent les principaux acteurs pour définir la mise en œuvre et maintenir les capacités, les systèmes et services développés dans le cadre du projet ».
A ce sujet, les délégations ont travaillé en petits groupes pour dégager les priorités, étapes clés et dépendances; les rôles et responsabilités ainsi que les contributions et consultations nationales.
L’OMM recommande fortement une étroite coordination des initiatives et projets régionaux connexes. Il s’agit notamment des activités du système d’alerte précoce pour les risques climatiques, CREWS, et du Fonds vert pour le Climat (GCF). Selon la déléguée de l’OMM, cette coordination aidera à « cerner les synergies, à tirer parti des investissements et de l’expertise existant, et à éviter le double-emploi. »
Pour mieux connaitre l’état du climat en Afrique en 2025, lire ici: https://wmo.int/fr/media/news/les-phenomenes-meteorologiques-et-climatiques-extremes-touchent-des-millions-de-personnes-en-afrique
L’atelier de lancement s’est déroulé du 28 au 29 octobre 2026 à N’Djamena. « Le Tchad est fier d’accueillir le lancement d’un projet qui reflète la solidarité des pays du bassin face au changement climatique », a déclaré Passale Kanabe Marcelin, Ministre tchadien des Ressources en eau et Energie.







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